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Armes et armures dans les mondes imaginaires. Exposition au château de Morges

Du 27 avril au 2 décembre 2018.

« Les mondes fantastiques ont envahi les salles obscures, et plus encore nos salons. Ce qui était alternatif il y a quelques années encore, nourrit désormais les séries télévisées et les blockbusters du cinéma. Fresques épiques, batailles extraordinaires, quête chevaleresque : les scénarios portent à l’écran un vaste panel d’objets martiaux, des épées médiévales les plus mythiques aux pistolets blaster les plus futuristes.

Ces objets imaginaires ne sont-ils que pure « fantasy » ? Et si ces armes, armures et équipements de combat plongeaient leurs racines dans l’Histoire ? « Fantastique ! » confronte les répliques de cinéma aux modèles authentiques dont ils sont inspirés, pour le plus grand plaisir des curieux de 7 à 77 ans, férus d’histoire comme fans de cinéma. »

Programme des conférences :

Des spécialistes apportent leur regard en explorant des thématiques qui gravitent autour de l’exposition. Venez partager leur savoir et profiter d’une visite guidée de l’exposition par le commissaire!

25 mai: William Blanc, EHESS (Paris) : Excalibur, Narsil et Stormbringer. Les épées et armes mythiques et magiques du Moyen âge jusqu’à aujourd’hui

Les épées magiques sont une constante de la littérature épique, du Moyen âge jusqu’à aujourd’hui. Le roi Arthur possède ainsi Excalibur alors que Roland brandit Durandal. La plupart de ces armes ont en commun d’être un symbole de pouvoir, donnant à celui qui la brandit soit des capacités spéciales, soit une reconnaissance sociale et politique. La quête de l’épée devient ainsi un élément moteur du parcours des héros vers l’accomplissement d’exploits légendaires. Mais cette valeur prime tant que la société est dominée par l’aristocratie militaire. L’époque contemporaine voit au contraire de développer des épées négatives, porteuses de la violence et du poids du pouvoir. L’origine des porteurs d’armes magique se démocratise également. Brandir des épées mythiques n’est plus un acte réservé à une élite. Dans ce cadre, le pouvoir qu’elles représentent prend une tout autre valeur symbolique que nous allons tenter de dévoiler.

29 juin: Andy Bécue, Université de Lausanne. Les Experts sous la loupe: derrière le décor, la réalité ?

Début 2000, les « Experts » ont commencé à investir les ménages au travers du petit écran. Au fil des épisodes, la série a permis de faire découvrir la criminalistique auprès du grand public. De la scène de crime au laboratoire, on voit les « Experts » détecter, prélever, et analyser toute sorte de traces d’intérêt afin de reconstruire les événements ayant mené au crime. L’image renvoyée est celle d’une discipline où les résultats d’analyses arrivent au bon moment et où le doute n’a pas sa place. Les « Experts » portent ainsi bien leur nom ! Une question reste cependant en suspens: « Les techniques présentées et les appareils analytiques utilisés concordent-ils avec la réalité ? » Le fil conducteur de cette conférence sera celui des traces, notamment celles liées à l’utilisation d’armes à feu, et fournira des pistes permettant de savoir quelle part de réalisme se cache derrière la fiction.

28 juillet: Daniel Jaquet, Château de Morges. L’art du combat crève la toile ! Se battre comme au Moyen Âge dans les films.

Cling-clang-clong, bruits de boîtes de conserve pour évoquer les coups d’épées sur les pièces d’armures. Les effets spéciaux et sonores ont permis de dépasser les moyens mis en œuvre pour les combats chorégraphiés d’Errol Flynn dans les Aventures de Robin des Bois dans les années 1940. Du Seigneur des Anneaux à Game of Thrones, les metteurs en scène innovent et dépasse les limites techniques pour représenter le combat au Moyen Âge… toutefois, pas toujours dans le sens de la recherche scientifique sur les techniques de combat.

31 août: Camille Carnaille, Université de Genève. « C’est pas faux » : Kaamelott à la lumière de la légende arthurienne médiévale.

La série télévisée Kaamelott a offert à la légende arthurienne une vitrine de choix. La reprise qu’elle en propose dans ce format court et particulièrement drôle a rencontré tout au long de ses saisons un succès énorme. Il est de notoriété publique que la Table Ronde et le Graal trouvent leur origine dans un fonds mythico-littéraire ancien. Mais leur source exacte et l’influence qu’elle exerce à proprement parler sur la création d’Alexandre Astier restent généralement peu connues. Il est pourtant extrêmement intéressant d’approcher les personnages de la série à la lumière des romans médiévaux qui les ont introduits. On peut ainsi mieux en apprécier la construction, l’évolution, les petits penchants et les grandes ambitions. Car, pour citer Karadoc et Perceval dans l’optique, cette fois, de lever le voile de l’incompréhension, peu de choses y sont fausses. Une meilleure compréhension de la littérature médiévale qui a donné naissance à Arthur et à ses chevaliers ne pourrait donc que porter crédit à son adaptation moderne.

28 septembre:  Soline Anthore Baptiste, Université Ca’Foscari (Venise). Femmes en armes dans les mondes fantastiques.

Selon la tradition, la guerre était le fait des hommes, tandis que la paix était celui des femmes, une répartition claire basée sur la nature propre à chaque genre et que les récits imaginaires transgressaient de temps en temps. Mais cet équilibre guerrier, toujours majoritairement prégnant dans le monde réel, semble avoir clairement basculé dans les univers fantastiques depuis le début du XXe siècle : de Wonder Woman à Brienne de Torth, de Blanche-Neige à Rey, dans les mondes imaginaires les femmes semblent de plus en plus nombreuses à prendre les armes pour défendre valeurs et droits. Les archétypes et les équipements sont variés mais toutes ces guerrières interrogent notre culture, passée, présente autant que future : qu’est-ce qu’une femme en arme dans les mondes fantastiques, quel lien tisse-t-elle avec leurs précurseur(e)s depuis l’Antiquité, et quel regard nous pousse-t-elle à poser sur le rôle des femmes dans notre monde ?

27 octobre: Nicolas Baptiste, Château de Morges. Armes réelles et improbables des mondes fantastiques.

Les afficionados de pétoires à l’écran comptent les coups de revolver et s’étonnent quand le barillet recèle quelque chambre secrète et octroie des bonus balistiques ! D’autres ouvrent de grands yeux en voyant les sabres et épées de la Renaissance dans les mains des pirates. Magie du cinéma ? En tout cas dans les mondes fantastiques, même si les armes paraissent inépuisables et surpuissantes, elles n’en répondent pas moins d’une réelle mécanique interne. A t’on d’ailleurs vraiment besoin qu’elles fonctionnent ailleurs que dans la fiction ? On accepte en fait beaucoup d’incohérences sans le savoir, mais les détails ont parfois leur importance et définissent encore aujourd’hui notre imaginaire. Et si ces blasters, phasers, pisto-lasers venaient d’armes authentiques, anciennes ou modernes, portant elles aussi un costume ? Cette conférence est un petit tour de piste pour aborder les objets les plus iconiques et connaître le « behind the scene » de leurs apparitions.

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