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Fréquence médiévale : Gilles de Rais. Grand seigneur, serial killer

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Pour cette émission, nous allons évoquer l’un des personnages les plus troubles du Moyen âge, Gilles de Rais. Compagnon de Jeanne d’Arc, il a aussi été accusé d’une série d’assassinats d’enfants au milieu du XVe siècle. Jugé puis exécuté, ses exactions auraient été à l’origine de la légende de Barbe Bleue. Mais était-il un serial killer, au sens contemporain du terme ? Était-il coupable ou innocent ? Pour répondre à cette question, nous avons eu le plaisir de recevoir l’historien Julien Théry-Astruc (qui était déjà venu à notre micro pour parler par exemple de Philippe le Bel) qui a écrit un article sur ce personnage (dont nous empruntons le titre) par le magazine Histoire et Civilisations.
Bonne écoute :

Merci à Exomène pour le montage.

William Blanc

À propos de William Blanc

Historien et passionné du Moyen âge et de ses représentations dans les arts populaires (BD, cinéma, jeux, série télé, arts graphiques), je participe depuis 2012 à l'aventure de "Histoire et Images médiévales". Je suis aussi le coauteur ou auteur de trois livres : "Le Roi Arthur. Un mythe contemporain" (Libertalia, 2016), "Charles Martel et la bataille de Poitiers, de l'Histoire au mythe identitaire" (Libertalia, 2015, avec Christophe Naudin) et "Les historiens de garde" (Inculte, 2013, avec Aurore Chéry et Christophe Naudin). J'ai également écrit plusieurs articles dans des revues scientifiques et je participe également au site d'analyse de bandes dessinées 2dgalleries.com

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8 commentaires

  1. Je n’aime pas vraiment dire que Gilles de Rais était homosexuel, nous n’avons pas vraiment de preuves sur ça. Il ne faut pas oublier qu’avec sa femme, il a eu une fille, et aussi, il avait une grande admiration pour Jeanne d’Arc voir même de l’amour, qui était une femme, avec des habits d’homme et la coiffure qui va avec, mais elle reste une femme. Si je me souviens bien d’avoir lu que Gilles aimait beaucoup la pureté, tout comme Jeanne et les enfants,et si tout ses crimes était aussi liés à Jeanne ? 🙂 Elle fut un élément très important dans sa vie et sa mort fut quelque chose d’insurmontable pour lui si je me souviens bien encore.

  2. Bonjour et merci pour cette émission. Avez-vous un livre (universitaire ou non) à conseiller sur Gilles de Rais ?
    En vous remerciant,
    Emilie

  3. Grand Dieux.
    L’alchimiste dont il est question n’est pas  »Parenti »mais Franceso Prelati qui, contrairement à ce qu’affirme Julien Théry-Astruc, n’était ni célèbre (il n’avait que 22 ans au moment des faits) ni au service des ducs de Médicis. J’ai peur de comprendre: c’était trop difficile de lire le procès?

    Par ailleurs, suggérer que les crimes d’enfants avaient moins d’importances que les évocations diaboliques n’a aucun sens. Comme le suggère Chiffoleau, les crimes d’enfants sont incorporés avec les évocations sataniques dans un même schema, celui du crime de lèse majesté divine (qui nécessairement, se doit d’inclure le  »crime contre nature », puisque la nature est considérée comme créée par Dieu). Différencier artificiellement les crimes et les invocations n’a guère de sens et certainement n’est pas une preuve d’un  »procès régulier ».

    Par ailleurs,  »le procès régulier » ne semble pas si  »régulier » que cela. L’enquête secrète dirigée par Malestroit et Pierre de L’Hôpital fait état de témoins qui parlent des invocations sataniques et des crimes sur les enfants. Or lors du procès, les témoins et les parents des enfants disparus ne parlent pas des crimes de Gilles et ne l’accusent pas directement (tout au plus il le soupçonnent vaguement y être pour quelque chose). Les complices (Henriet Griart et Poitou) reprennent les grandes lignes de l’enquête secrète avec comme le suggère Claude Gauvard, un récit des supplices stéréotypé qui reprend les representations de l’enfer à l’époque. Les  »aveux détaillés » de Gilles sont en fait, une répétition quasiment exacte des propos de Griart et Poitou. La seule différence est que Gilles précise la jouissance qu’il retire de ses crimes ce qui effectivement, est exceptionnel. Faut il pour autant appliquer le concept de psychopathologie à la légère qui en lui même, est fort discutable par ailleurs?

    Le procès en lui même ne semble pas avoir de base solides. Les noms de la plupart des enfants ne sont pas connus, certains parents et témoins des disparitions ne sont pas interrogés tandis que les voisins témoignent à leur place, certains complices désignés comme tels par Poitou et Henriet ne sont pas inquiétés, Prelati s’en sort sans une égratignure etc etc Et ne parlons même pas des preuves matérielles qui….n’existent pas. Sur les 140 enfants que le sire de Rais aurait tué, on a pas retrouvé un seul corps….

    Julien Théry Austruc ne semble pas avoir les idées claires quant à la sentence. Gilles a en effet été condamné à être pendu et brûlé pas à  »être étranglé ». Par ailleurs, la sentence est la même pour ses complices (pendus et brûlés). Le rang de Gilles ne  » protège » donc pas (la pendaison est considérée comme une supplice infamant pour les nobles). La différence apparaît post mortem (Gilles et enterré, les corps des complices sont brûlés entièrement). Mais là encore, suggérer que la disparition/destruction d’un corps empêche sa résurrection est étrange: on est dans un contexte chrétien médiéval, pas égyptien (la Cité de Dieu de Saint Augustin est un indicateur de ce que l’on pouvait penser sur la question).

    …….

    • Bonjour,
      Merci pour ce long commentaire auquel nous ne répondrons pas sur le fond à la place de l’invité. Nous vous permettons simplement de noter que vos remarques gagneraient à être accompagnées de références plus précises et d’être signées d’un vrai nom (Julien Théry-Astruc assume ses positions publiquement. Moi aussi d’ailleurs 🙂 ) en évitant les invectives (« c’était trop difficile de lire le procès » par exemple).
      Bonne soirée.

  4. de la Poulpiniere

    J ai écoute avec attention cette émission pour laquelle je vous félicite et vous remercie. vous qualifiez le procès de Gilles de Ray est « régulier » rappelons que ce seigneur a droit de vie et de mort sur ses terres, il est donc exclu que les meurtres soient le vrai problème. (cf le Gilles de Ray de mattei Cazacu) la mort/disparition d enfants pauvres n’intéresse personne. Mais le seigneur est couvert de dettes et il pratique la sorcellerie et ça justifie un procès.

    • Merci pour votre commentaire. Concernant le droit de vie et de mort, le seigneur d’une terre ne peut, même au Moyen âge, assassiné impunément des enfants. Maintenant, il est sans doute vrai que l’accusation en sorcellerie a sans doute pesé plus dans la condamnation de Gilles de Rais que les meurtres en eux-mêmes.

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