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Trésors fragiles

Détail de la Tapisserie de César (Tournai, vers 1470) : l’augure Spurinna et l’épouse de César, Calpurnia, devant les portes de Rome © Bernisches Historisches Museum, Berne. Photo : Stefan Rebsamen

À partir du 2 mai 2012, le Musée Historique de Berne présentera les fleurons de la collection du bas Moyen Âge dans la nouvelle exposition permanente « Trésors de guerre – L’art courtois à Berne (1250–1520) ». En même temps sera inauguré un projet intitulé « Trésors fragiles – La conservation des textiles de cour (2012– ) », grâce auquel le public pourra découvrir divers aspects du travail muséographique qui se passe en coulisses.

Les tapisseries flamandes du XVe siècle sont relativement bien conservées, car la plupart restèrent entreposées dans l’obscurité depuis leur acquisition par les Bernois jusqu’à la fondation du Musée Historique de Berne à la fin du XIXe siècle. Une fois le Musée créé, elles en sont devenues les pièces maîtresses : dans le bâtiment inauguré en 1894 dans le quartier Kirchenfeld, la hauteur du premier étage fut calculée en fonction de la hauteur des tentures, à l’instar d’un palais princier. Durant ces 120 dernières années, les tapisseries ont été exposées quasi en permanence, même à la lumière du jour, jusqu’en 1985.
La lumière, la poussière, les polluants et les mouvements détériorent les fibres textiles qui deviennent cassantes au fil des années. Une grande partie des textiles médiévaux parvenus jusqu’à nous étaient des produits de luxe destinés à un usage ponctuel : les soies fines du Proche-Orient ou de Byzance ornaient les habits de fête, les tapisseries étaient accrochées pour des occasions exceptionnelles, après quoi on les enroulait à nouveau et les rangeait dans le noir.
Dans les années 1950, on a renforcé les tapisseries exposées au Musée (jusqu’alors suspendues telles quelles) en appliquant des bandes de soutien à l’arrière. En 1996-1997, ces bandes ont été retirées de la tapisserie aux mille fleurs, de la tenture des trois Rois mages ainsi que de celle de Trajan et Archambault. Depuis, ces tapisseries sont présentées reposant sur un support légèrement incliné. Avant d’en faire de même pour les tapisseries de César, ces tentures doivent faire l’objet d’analyses. À cet effet, une des salles d’exposition du premier étage a été temporairement transformée en atelier, car c’est la seule pièce de tout le musée qui soit suffisamment grande pour qu’on puisse y étaler les tapisseries à plat. C’est ici que les conservatrices spécialisées en textiles anciens effectuent les travaux de documentation et de conservation sur les tapisseries de César, qui relatent l’histoire du souverain romain. Des activités que le public peut suivre en regardant par une vitrine. La section de l’exposition conjointe explique les tenants et aboutissants de ces travaux ainsi que les différentes étapes de la procédure à suivre. De plus, les conservatrices responsables des textiles répondront aux questions du public tous les vendredis à 14 heures.
Jakob Messerli, le directeur du Musée Historique de Berne, explique : « Les oeuvres d’art sont des ‘individus’. Elles ont leur propre biographie et souvent aussi leur propre ‘dossier médical’. C’est pourquoi la méthode de protection d’un objet doit se baser sur un examen approfondi de son état actuel. Ensuite on détermine la manière d’optimiser les conditions d’exposition dans le cas d’une présentation prolongée d’oeuvres , qui à l’origine étaient seulement destinées à un usage ponctuel. C’est un processus laborieux, onéreux et susceptible d’engendrer des conflits, qui exige des connaissances d’experts. Avec le projet de conservation public, nous voulons donc contribuer à une meilleure compréhension de cette démarche».

Pour en savoir plus : http://www.bhm.ch/fr/

 

 

 

Détail de la Tapisserie de César (Tournai, vers 1470) : Curion se bat avec les tribuns du peuple aux côtés de César © Bernisches Historisches Museum, Berne. Photo : Stefan Rebsamen

À propos de Frédéric Wittner

Historien, journaliste, j'ai été rédacteur en chef des magazines Histoire & Images Médiévales et sa version hors-série. Grand passionné de cinéma et de littérature ancienne, je dévore également les séries TV. Je suis aussi très intéressé par tout ce qui touche aux mondes de l'imaginaire (fantastique, fantasy, science-fiction, merveilleux...). Je suis l'auteur d'un ouvrage de réflexion sur la chevalerie : L'idéal chevaleresque face à la guerre (2008) et de plusieurs dossiers et numéros hors-série d'H&IM.

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