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Verres carolingiens découverts dans le square Saint-Jacques

Les verres carolingiens découverts dans le square de la Tour Saint-Jacques.

(c) M.Lelièvre / Mairie de Paris

Suite à la restauration de la Tour Saint-Jacques, le DHAAP a mené des fouilles archéologiques fin 2008-début 2009, sous la direction de Françoise Lagarde, dans le square situé au pied de la tour. La surface fouillée couvrait environ 30m2, entre la base de la tour et le mur sud de la chapelle ayant précédé la construction de l’église Saint-Jacques de la Boucherie. Cette découverte est venue compléter les explorations réalisées, lors de la création de la rue de Rivoli, par Théodore Vacquer, archéologue parisien de la fin du XIXe siècle.
La période la mieux représentée sur ce site était celle comprise entre les IXe et Xe siècles et se caractérisait par de grandes fosses remplies de céramiques, en majorité des ratés de cuisson qui attestaient la vocation artisanale du monceau Saint-Jacques à l’époque carolingienne. L’une des fosses a aussi livré des tessons de verre, ce qui est exceptionnel, étant donné la fragilité de ce matériau.
Le verre retrouvé était très fragmenté et dans l’ensemble très altéré. Le soin apporté par les archéologues lors de la fouille pour le dégagement et le prélèvement des différents fragments puis la prise en charge immédiate au laboratoire de conservation-restauration du DHAAP, ont permis de restituer les formes des verres en usage à l’époque carolingienne.

Sur le chantier de fouille, les fragments de verre ont été isolés tout en restant groupés selon leur localisation et leur date de découverte. Ils ont ensuite très rapidement été acheminés au laboratoire de conservation-restauration. Les verres étant généralement très altérés, leur exhumation pouvait accélérer les processus de dégradation. Dans un premier temps, un séchage contrôlé a donc été effectué. Ensuite, les fragments ont été débarrassés des dépôts qui les recouvraient et consolidés à l’aide de résine synthétique pour pouvoir être manipulés et remontés.

Après les avoir nettoyés et stabilisés, un long travail de remontage a été engagé. Le but était d’obtenir des formes archéologiquement complètes, c’est-à-dire dont on peut lire le profil depuis le bord supérieur jusqu’au fond.
Étant donné leur extrême fragilité, les zones de jointures des fragments entre eux ont été consolidées par doublage, lorsque les formes étaient assez complètes. Des comblements avec mise en teinte ont été effectués pour certaines lacunes, dans le but de renforcer ces zones de fragilité et de faciliter la lecture de la forme dans sa globalité. Puis le verre a été dessiné et photographié, afin d’en rendre l’étude, réalisée en collaboration avec l’Association française pour l’archéologie du verre, plus aisée.

Au total, huit pièces ont pu être individualisées. Il s’agit de verres à boire appartenant au type « gobelet » à décor de côtes obliques et de filets rapportés. On retrouve ce type de forme à Saint-Denis et dans d’autres régions de France (Centre et Centre-Ouest). Ces verres étaient transparents, soit incolores, soit, le plus souvent, de couleur verte. Leur usage était réservé à une certaine classe de la société car il s’agit d’un produit luxueux. Cet ensemble, très homogène, semble s’inscrire dans un contexte de production. Était-il destiné à la vente ou pour répondre à une commande qui n’aurait pas été livrée ? Ces questions restent en suspens en l’absence de textes ou d’autres découvertes parisiennes de verres de cette époque.

Auteurs :  Véronique Arveiller (AFAV), Nicole Vanpeene (AFAV) pour l’étude du verre.
Source : Mairiedeparis.fr

À propos de Frédéric Wittner

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