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Bonus de notre numéro 53 : Sources et influences de Prince Valiant

Après l’article consacré à Prince Valiant dans H&IM n°53 écrit par William Blanc (à télécharger en cliquant ici), il est temps de prolonger un peu notre réflexion sur les sources de cette bande dessinée mythique. Un voyage qui va nous entraîner bien loin de la Bretagne arthurienne, vers les prairies et les canyons de papiers des récits populaires américains…

Prince Valiant, un chevalier du Rio Bravo

Un an après la sortie des premiers épisodes de Prince Valiant, une autre version moderne à succès de la légende arthurienne contemporaine, L’épée dans la pierre, est publiée. Mais un monde sépare Hal Foster, l’illustrateur américain et T. H. White, le romancier et universitaire britannique. Ce dernier s’inspire ainsi grandement de la version de Thomas Malory (auquel il a consacré une thèse) pour écrire une œuvre sombre et mélancolique, traversée par la crainte de la guerre. À l’inverse, Foster, lui, s’extrait complètement des carcans arthuriens classiques et, s’il accouche bien d’une BD médiévaliste, son inspiration lui est venue d’ailleurs, et notamment du western et des romans de pionniers comme ceux de James Fenimore Cooper (1789-1851) et sa fameuse série des Bas-de-Cuir (Leatherstocking tales).

Image 1 - Prince Valiant #7, 1937.
Image 1Prince Valiant #7, 1937.

C’est particulièrement voyant au début des aventures de Valiant. Chassés de Thulé (royaume mythique de Scandinavie) par un usurpateur, le jeune prince (qui n’est encore qu’un enfant) et son père doivent affronter, en débarquant sur une nouvelle terre, des autochtones bretons « barbares » que l’on assimile facilement à des Amérindiens. Après d’âpres négociations, ils réussissent à s’installer dans un marais où ils construisent un fortin digne de la Frontière américaine (Image 1). Plus tard, Valiant, ayant décidé de devenir chevalier, décide de fabriquer lui même son équipement en self-made-man de l’Ouest (Image 2) et de capturer un cheval sauvage, à l’image d’un cowboy domptant un mustang. Après une scène digne d’un rodéo (Image 3), voilà le jeune prince en selle gouttant à la « joie suprême d’être un homme à cheval »1(Image 4). Le mythe du chevalier rejoint ici celui idéalisé du frontiersman américain forgé à la fin du XIXe siècle, dont la monture et le fusil constituent les garants d’une indépendance personnelle 2.

Image 2 - Prince Valiant #15, 1937.
Image 2 Prince Valiant #15, 1937. « Le prince sans le sou s’attelle à confectionner son équipement » (traduction Soleil prod.).
Image 3 - Prince Valiant #15, 1937. Prince Valiant, le plein rodéo.
Image 3Prince Valiant #15, 1937. Le jeune héros de Hal Foster, en plein rodéo.
Image 4 - Prince Valiant #15, 1937.
Image 4Prince Valiant #15, 1937.

Dans l’imaginaire d’un américain comme Foster (qui avait été chercheur d’or dans le Manitoba dans les années 1910), le Moyen âge et l’Ouest joue le même rôle. Aussi, lorsqu’il décrit son Moyen âge comme une époque « cruelle », plein de « brutalité », mais « honnête », à la différence de la nôtre qui justifiait sa violence par des « platitudes vertueuses », c’est évidemment avec l’Ouest qu’il fait un parallèle3. Pas le véritable Ouest, mais un Ouest imaginaire (dès l’enfance de Foster, la Frontière n’est plus qu’un vague souvenir) qui s’oppose à une modernité vue comme cynique. La fuite dans le Moyen âge devient alors un moyen de retrouver une époque durant laquelle les hommes ne subissaient pas le carcan de la civilisation. Comme l’expliquait Foster lui-même « Plus j’apprends à propos de l’époque du roi Arthur, moins je pense à notre civilisation moderne. »4 Des propos qu’il faut mettre en parallèle avec ceux écrits par Robert E. Howard (le créateur de Conan, mort en 1936) qui oppose, dans une nouvelle se déroulant dans l’Ouest américain, le barbare libre et le civilisé faible5. Le président Teddy Roosevelt ne disait pas autrement lorsqu’il présentait à la fin du XIXe siècle la figure idéale du cowboy américain viril comme une alternative entre le sauvage et le citadin victorien policé6.

Prince Valiant ou Prince Violent ?

La dureté du Moyen âge de Valiant n’est en effet pas gratuite. Tout comme l’Ouest dur forge le caractère du frontiersman et lui permet de ne pas céder à la mollesse de la vie citadine, l’âpreté du monde médiéval permet à un jeune prince de se forger un caractère et de vivre des aventures. L’expression de cette violence (Val n’hésite pas à tuer des hommes désarmés) est aussi rendue possible par le média employé par Hal Foster. Rappelons-nous qu’à l’époque (et jusqu’à une période récente) la BD était considérée comme un art mineur, un genre « bis ». Foster lui-même aurait préféré travailler dans l’illustration, qui était sa profession d’origine, et ne revint dessiner les aventures de Tarzan que contraint et forcé par la crise de 29. Cela se ressent d’ailleurs dans la forme de ses cases. Alors qu’à la même époque Alex Raymond, pour Flash Gordon, usait de bulles insérées dans les images, Foster lui, se contentait de légender les vignettes avec, placée dans la partie inférieure, une sorte de résumé de l’action (et une explication de la psychologie des personnages) (Image 5). Les illustrations, vierges de textes, restaient ainsi des espaces dans lesquels l’illustrateur pouvait déployer toute la palette de son savoir-faire largement inspiré des grands illustrateurs du XIXe siècle (Howard Pyle par exemple). Foster sera ainsi l’un des premiers auteurs de BD à utiliser la technique du clair-obscur. La violence contenue dans les aventures de Val (avec, parfois, des suicides collectifs) est toujours atténuée par la beauté des compositions.

Image 5 - Prince Valiant #5, 1937. Le jeune prince peut enthousiasmé par son professeur.
Image 5Prince Valiant #5, 1937. Le jeune prince peut enthousiasmé par son professeur.
Image 6 - Weird Tales, Juillet 1936, dans lequel paraît une nouvelle de R. E. Howard.
Image 6Weird Tales, Juillet 1936, dans lequel paraît une des nouvelles phares de R. E. Howard.

Mais Prince Valiant appartient bel et bien à la BD, genre bis qui à l’époque permet de se libérer des codes qui enserrent les arts mainstream (ce que l’on appelle aujourd’hui la littérature blanche), tout comme l’homme moderne est prisonnier du carcan de la civilisation. La fantasy des magazines pulps des années 30 (dans lesquels écrivait notamment Robert E. Howard) est ainsi rempli d’allusions érotiques, en allant même jusqu’à représenter des scènes sadomasochistes (Image 6). En témoignent les couvertures de Weird Tales dans lequel la torture de jeunes femmes dénudées (sauvées parfois in extremis par un héros tout en muscle) prend souvent place dans un Moyen âge fantasmé7. Prince Valiant n’échappe pas à cette mode, à une grande différence près. En effet, c’est souvent le héros lui-même qui est soumis à des sévices qu’Hal Foster relate avec un luxe de détail qui confine au voyeurisme (Image 7 / Image 8) comme dans cette scène où l’on voit au premier plan un dessinateur en train de croquer le supplice d’un Valiant (quasiment nu) dont une assistance nombreuse semble se délecter. Est-ce une mise en abîme du lecteur ? De Foster lui-même ?

Image 7 - Prince Valiant #371, 1944. Nudité et torture dans Prince Valiant. Le dessinateur est au premier plan.
Image 7Prince Valiant #371, 1944. Nudité et torture dans Prince Valiant. Le dessinateur est au premier plan.
Prince Valiant #296, 1942. Les scènes montrant Valiant se faire torturer se répètent plusieurs fois dans l'oeuvre de Foster.
Image 9Prince Valiant #296, 1942. Les scènes montrant Valiant se faire torturer se répètent plusieurs fois dans l’oeuvre de Foster.

Doit-on voir dans cette scène un clin d’oeil homoérotique (à une époque où l’homosexualité était un crime) ? Pas forcément. Ce type de dessins relève d’un procédé narratif simple montrant que les « méchants » sont vraiment « méchants » (par exemple les nazis des comics. Le dessin de Foster, rappelons-le, date de 1944). Aussi il arrive que dans les comics (ou dans des magazines masculins), les héros soient soumis à des scènes de bondage8 (Image 9). Foster imitait simplement des schémas bien connus avec un avantage de taille. Le fait de placer l’action dans un vague Moyen âge, perçu comme une époque sombre et associée à la torture (via l’imagerie parfois exagérée de l’Inquisition) l’autorisait à laisser son imagination vagabonder vers des thèmes inabordables dans la littérature mainstream. Ce qui amena d’ailleurs la censure à modifier le travail de Foster, comme le journal québécois L’action catholique en 1941, qui retoucha la poitrine d’un des personnages féminins de Prince Valiant9. Mais c’est surtout au cinéma que le propos de Foster sera lissé.

Image 9 - Captain America Comics #3, mai 1941.
Image 9Captain America Comics #3, mai 1941.

Le film de 1954 : le polisson polissé

Foster a sans doute été influencé par le cinéma médiévaliste, comme le prouvent ces deux images. On constate ainsi que le personnage de Dame Gilbert (créé par Foster en 1941) est très certainement inspiré par celui de Betty (interprétée par Una O’Connor) des Aventures de Robin des Bois de Michael Curtiz (1938). (Image 10, 10 bis et 11).

Image 10 - Les aventures de Robin des Bois, 1938.
Image 10Les aventures de Robin des Bois, 1938.
Image 10 bis - Les aventures de Robin des Bois, 1938.
Image 10 bisLes aventures de Robin des Bois, 1938.
Image 11 - Prince Valiant # 267, 1942.
Image 11Prince Valiant # 267, 1942.

Néanmoins, Foster ne voyait pas d’un très bon œil Hollywood. Aussi jugera-t-il très « niaise » (« childish ») l’adaptation à l’écran de sa BD par Henri Hathaway en 1954 et refusera d’y participer. Certes, le film est parfaitement maîtrisé et le générique du début fait la part belle à des illustrations de Foster rehaussées par l’emploi de la Technicolor et du Cinémascope. Il n’empêche que l’ensemble est bien édulcoré. On pourra évidemment se moquer, à soixante années de distance de la perruque de Robert Wagner (Image 12) qui frise (non, en fait, qui ne frise pas vu qu’elle est plutôt raide) le ridicule. Il n’empêche, la composition incroyable de James Mason dans le rôle de l’affreux de service, Sir Brack (Image 13) sauve à elle seule le film. La performance de Sterling Hayden dans le rôle de Gauvain à quant à elle de quoi étonner. Voilà le beau chevalier play-boy de Foster changé en benêt maladroit avec les femmes. Hayden, plutôt habitué à jouer les cow-boys, est complètement à contre-emploi ici. Pourquoi ? Émettons l’hypothèse qu’il s’agit plutôt d’une passerelle entre les genres, d’un clin d’œil au western afin de rendre le Moyen âge plus « américain », tomme comme le personnage de Prince Valiant était dès le début une américanisation (ou plutôt, un westernisation) du personnage de Perceval (notons que Dudley Nichols, le scénariste du film, était un habitué des westerns10.

Image 12 - Prince Valiant, 1954. Janet Leigh et Robert Wagner qui, avec sa coupe, a vraiment l'amour du risque. Probablement un tirage de photo de presse.
Image 12Prince Valiant, 1954. Janet Leigh et Robert Wagner. Probablement un tirage de photo de presse.
Image 13 - Prince Valiant, 1954. James Masson dans le rôle de l'affreux du film. Probablement un tirage de photo de presse.
Image 13Prince Valiant, 1954. James Masson dans le rôle de l’affreux du film. Probablement un tirage de photo de presse.

Un aspect du film néanmoins dénote. La religion est pour ainsi dire presque absente de l’œuvre de Foster qui, lui-même, était peu religieux11. Les prêtres sont rares dans Prince Valiant et les personnages ne prient presque jamais. Lors du passage de Valiant à Rome, le pape n’apparaît pas. Foster reprend ici, consciemment ou pas, la tradition des chansons de geste. Leurs auteurs, écrivant pour un public chevaleresque, faisaient eux aussi fi de toute présence ecclésiastique à de rares exceptions près (comme l’archevêque Turpin de La Chanson de Roland, qui combat avec son épée Almace les sarrasins12 ).
Une habitude qui est suivie en fin de compte par une très grande partie de la littérature et du cinéma médiévaliste13.

Image 14 - Prince Valiant, 1954
Image 14Prince Valiant, 1954

Or, dans Prince Valiant d’Hathaway, une intrigue secondaire explique que les Vikings partisans du roi Aguar (le père de Valiant) sont persécutés par Sligon parce qu’ils sont chrétiens. Des scènes les montrent même en train de se réunir dans des cavernes (Image 14). Si la conversion des Scandinaves est un fait et sera le fruit d’un long processus parfois sanglant, si Foster en fait même l’intrigue principale de plusieurs épisodes quelques années avant la réalisation du film (le père de prince Valiant l’envoie ainsi à Rome chercher des missionnaires compétents), on sent surtout dans le film d’Hathaway l’influence du péplum et des films bibliques, où il était courant de montrer les chrétiens victimes d’un pouvoir tyrannique. Comme dans Quo Vadis (1951) ou dans à La Tunique (1953), les chrétiens scandinaves d’Hathaway se réunissent dans des catacombes, de nuit, à la lueur des torches, afin d’éviter d’être pris. À une différence notable néanmoins (Image 15). Pas question de faire des vikings de la chair à lion de l’arène ! Loin des innocents désarmés des films bibliques, les guerriers virils du nord, tout chrétien qu’ils sont, finissent par se révolter et par aider Valiant à renverser Sligon.

Image 15 - Quo Vadis, 1951.
Image 15Quo Vadis, 1951.

La version 1997. Un bel hommage

La version de 1997 rebute de prime abord, ne serait-ce qu’à cause de son affiche très laide. Et pourtant, rempli de clin d’œil à la BD (avec certaines scènes animés) et à d’autres œuvres cinématographiques (Excalibur, Robin des Bois mais aussi Conan14), ce film réussit à capturer une partie de l’essence de Prince Valiant en gardant une fraîcheur toute adolescente (en étant un peu moins niais que la version d’Hathaway) des premières aventures écrites par Foster, où l’on voit un Val aussi héroïque qu’espiègle, voir maladroits et bourru. Le tout prend vite une tonalité de film familiale (les moyens en moins) et devient, parfois malgré elle, très drôle. Ainsi, si on savait que Le Roman d’Alexandre médiéval avait prêté des voyages sous-marins au roi de Macédoine. Mais on ne savait pas que Valiant avait perfectionné l’armure scaphandre (Image 16) !

Image 16 - Prince Valiant, 1997.
Image 16Prince Valiant, 1997.

On regrettera néanmoins le Technicolor des années 50 qui rappelait les couleurs chatoyantes de la BD. La photo désaturée du film opte plutôt pour un Moyen âge gris très en vogue au moins depuis Excalibur (et qu’on retrouve par exemple dans les deux adaptations de Robin des Bois de 1991, mais aussi avec Game of Thrones), avec des armures sombres et un ciel souvent sombre15. Pareillement, l’absence de cinémascope dénote d’un ton général moins épique. Pour contrebalancer cela, le réalisateur Anthony Hickox, vétéran du cinéma bis (on lui doit les deux Waxwork) a opté pour une solution simple en ajoutant des strips de BD à la Foster (parfois animés) pour narrer les ellipses.

Bref, cette version de Prince Valiant constitue une série B pleinement assumée et plaisante, où l’on croise quand même quelques noms connus. Ron Pearlman apparaît dans un second rôle au côté de Walter Gotell (le général Gogol des James Bond) dont ce sera le dernier film. Remarquons au passage la scène durant laquelle Prince Valiant arrive à cheval dans la cour du roi Arthur (un épisode percevalien dont nous avons parlé dans H&IM n°53) mais aussi, et surtout, l’apparition, lors de la bataille finale, d’un crocodile sauteur géant en caoutchouc (en pleine Scandinavie !) qui est, à notre avis, la véritable star mésestimée du film16.

Bref, Prince Valiant et ses avatars ne cesseront jamais de nous étonner.

Biblio-webographie

Les aventures de Prince Valiant ont été superbement rééditées en anglais pour le 75e anniversaire du début de la série par les éditions Fantasgraphics books. Huit volumes sont déjà sortis et le neuvième est en préparation (ô joie !). Chaque tome est précédé d’une préface instructive, parfois couplée avec des interviews d’Hal Foster. La traduction est assurée en France par les éditions Soleil (trois tomes pour l’instant disponibles) dans un format moins grand (mais qui entre plus facilement dans les bibliothèques).

Les livres encore disponibles consacrés à Valiant et à Foster sont peu nombreux. Citons en deux, signés tous les deux par Brian M. Kane, Hal Foster, Prince of illustrators (2001) et The definitive Prince Valiant Companion (2009). Il existe aussi quelques sites consacrés à Prince Valiant, comme celui-ci, ou bien cet autre-là, qui contient énormément de références bibliographiques.

Signalons aussi le site de Greg Stafford, qui a consacré un formidable jeu de rôle à Prince Valiant (et qui est aussi l’auteur d’un jeu de rôle sur la légende arthurienne, Pendragon).

Finissons sur une bibliographie plus classique :

  • F. Amy de la Bretèque, La légende de Robin des Bois, Privat, 2001
  • F. Duval, « Comment interpréter les anachronismes ? Le cas de l’histoire romaine écrite en français au début du XIIIe siècle », Anabases, 8, 2008
  • Collectif, Péplum. L’Antiquité spectacle, Fage éditions, 2012
  • C. Ferlampin-Archer, D. Hüe, Mythes et réalités, histoire du roi Arthur, Ouest France, 2012
  • L. A. Finke et M. B. Shichtman, Cinematic Illuminations. The Middle ages on film, JHU Press, 2010
  • H. Foster, Prince Valiant, Intégrale III, Soleil, 2013
  • F. Fourcart, Le péplum italien, IMHO, 2012
  • L. Hermenault, « Mettre en lumière le Moyen Age, tout un problème », culturevisuelle.org, octobre 2012.
  • C. Imperiali, En quête de Perceval : étude sur un mythe littéraire, Thèse, 2008
  • B. Kane, Hal Foster, Prince of illustrators, Vanguard Productions, 2001
  • B. Kane, The definitive Prince Valiant Companion, Fantagraphics Books, 2009
  • J-N Lafargue, Entre la plèbe & l’élite. Les ambitions contraires de la bande dessinée, Atelier Perrousseaux, 2012
  • S. Lyons Watts, Rough rider in the White House : Theodore Roosevelt and the politics of desire, UC Press, 2003
  • P. Pecatte « Nazisme, sadisme, érotisme – les origines de la nazi sexploitation », culturevisuelle.org, novembre 2012
  • M. Rolland, Le roi Arthur. Un mythe héroïque au XXe siècle, PUR, 2000
  • M. Rolland, Le roi Arthur, Gisserot, 2007

William Blanc

Notes :
1. « The supreme thrill of being a man on horseback » dit le texte en anglais.
2. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter la chanson « My Rifle, My Pony And Me » chantée en duo par Dean Martin et Ricky Nelson dans le sublime Rio Bravo de Howard Hawks (1959). Les possessions et l’identité du cowboy se résument à une arme, une monture et lui-même : « Purple light in the canyon / That’s where I long to be / With my three good companions / Just my rifle, my pony and me.
3. « True, life was often cruel in those days – biut it was hoenst brtality. At least they didn’t justify it with a lot of virtuous platitudes as we often do. » Cité dans B. Kane, Hal Foster, Prince of illustrators, Vanguard Productions, 2001, p. 81.
4. « The more I learn about King Arthur’s days, the less I think of our modern civilization. » Ibid.
5. « Barbarism has its vices, its sophistries, no less than civilization. Your cynicisms and sophistications are weak and childish beside the elemental cynicism, the vital sophistication of what you call savagery ». Dans la nouvelle « The Thunder-Rider » écrite en 1936. Publiée pour la première fois en 1972.
6. Voir S. Lyons Watts, Rough rider in the White House : Theodore Roosevelt and the politics of desire, UC Press, 2003.
7. Ou dans un Orient fantasmé, l’altérité géographique remplace alors l’altérité temporelle. Sur la généalogie des images de bondage dans les genres « bis », voir l’excellent article de P. Pecatte « Nazisme, sadisme, érotisme – les origines de la nazi sexploitation » sur le site culturevisuelle.org.
8. Bucky, le sidekick de Captain Amercia, finit souvent enchaîné et sauvé in extremis par son mentor. On retrouve le même motif dans les péplums. Voir F. Fourcart, Le péplum italien, IMHO, 2012, p. 110-113.
9. Voir la postface de H. Foster, Prince Valiant, Intégrale III, Soleil, 2013, p. 110-113.
10. C’est lui qui écrivit pour John Ford La chevauchée fantastique (Stagecoach) en 1939.
11. Il ne participait à aucune religion organisée. B. M. Kane, op. cit., 2001, note p. 73.
12. La quête du Graal constitue sans doute l’élément le plus religieux des chansons de geste, les trois matières (Rome, Bretagne et France) confondues. Chez Foster, le Graal n’apparaît que tardivement et comme une intrigue secondaire vite oubliée.
13. Dans les différentes versions de Robin des Bois, la présence assez positive de frère Tuck est généralement contrebalancée par de hauts prélats cyniques alliés du prince Jean, comme l’évêque (joué par Montagu Love) des Aventures de Robin des Bois de Michael Curtiz (1938). De même, frère Tuck est, pour ainsi dire, un moine très libre dans ses mœurs, bon vivant, en rien ascétique… ce qui le rapproche d’un homme du commun et l’éloigne de l’image classique du clerc assimilé à un dominant et à un intellectuel.
14. Merlin porte le même accoutrement que son alter ego dans Excalibur. Les allusions à Robin des Bois – combat au bâton, archers brigands de Thulé – sont également assez transparentes. Quant aux vikings, beaucoup semblent sortir des deux films Conan (1982 et 1984) ou Kalidor (1985).
15. Voir l’excellent article de Léa Hermenault sur le sujet de la lumière dans les films médiévalistes « Mettre en lumière le Moyen Age, tout un problème », sur le site culturevisuelle.org.
16. Autre clin d’oeil à la BD. L’un des premiers monstres qu’affronte Valiant est un crocodile géant.

À propos de Frédéric Wittner

Historien, journaliste, j'ai été rédacteur en chef des magazines Histoire & Images Médiévales et sa version hors-série. Grand passionné de cinéma et de littérature ancienne, je dévore également les séries TV. Je suis aussi très intéressé par tout ce qui touche aux mondes de l'imaginaire (fantastique, fantasy, science-fiction, merveilleux...). Je suis l'auteur d'un ouvrage de réflexion sur la chevalerie : L'idéal chevaleresque face à la guerre (2008) et de plusieurs dossiers et numéros hors-série d'H&IM.

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