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Le dernier samouraï : de la réalité au rêve. (suppl. au dossier paru dans HIM n°58)

IMAGE 1 – Le Dernier samouraï, image officielle du film. La fin des guerriers japonais est associée, en bas à gauche, à une charge à cheval glorieuse, katana au clair.
IMAGE 1Le Dernier samouraï (2003), image officielle du film. La fin des guerriers japonais est associée, en bas à gauche, à une charge à cheval glorieuse, katana au clair.

Après avoir étudié, dans Histoire et Images médiévales #58 (dossier téléchargeable en cliquant ici), la représentation des samouraïs dans le cinéma japonais et dans les mangas (articles disponibles à cette adresse), notre rédacteur William Blanc se propose de s’intéresser à celle développée par le cinéma occidental à travers l’étude d’un cas récent et emblématique.

La dernière révolte des samouraïs contre la modernisation et l’occidentalisation du Japon, monture au galop, cheveux au vent, chargeant katana au clair… s’il ne fallait retenir qu’une seule scène du Dernier samouraï, film américain à grand succès – près d’un demi milliard de dollars de recette – réalisé en 2003 par Edward Zwick, ce serait celle-là. Une image qui renvoie, plus qu’aux événements dépeints dans le film, à nos propres représentations, à notre fascination des samouraïs et, plus largement, du Moyen Âge.

LES FAITS : FIN DES SAMOURAÏS, DÉBUT DE L’ÉTAT-NATION

L’intrigue s’inspire de faits réels et de la révolte du clan de Satsuma et de son leader Saigo Takamori – 1828-1877 joué par Ken Watanabe sous le nom de Moritsugu Katsumoto –. Edward Zwick se plaît à les dépeindre comme des hommes refusant – pour des questions d’honneur – d’utiliser des armes à feu. La réalité est tout autre. Tout d’abord, si les samouraïs portaient encore le katana pour se distinguer de la masse des combattants, les troupes japonaises, sous l’influence des Occidentaux, de nouveaux actifs, sur l’archipel depuis 1853, avaient adopté un armement et des tactiques européennes, notamment parmi les clans les plus xénophobes et critiques du shogunat, comme les kiheitai de Choshu et de Satsuma (1) (IMAGE 2). D’abord vaincus avec l’aide de navires anglais, ces clans trouveront dans l’empereur, au milieu des années 1860, une figure de poids pour appuyer leurs revendications. En 1868, le shogun est renversé et ses derniers partisans – aidés par des officiers français comme le capitaine Jules Brunet – sont balayés lors de la guerre du Boshin (1868-1869).

IMAGE 2 – Des Keiheitai, sans doute du clan Choshu, dans les années 1860. Vêtus en partie d'habits européens, armés en partie à l'européenne, ces samouraïs n'ont rien de leurs homologues imaginaires du Dernier samouraï continuant de se battre comme au XVIe siècle.
IMAGE 2 – Des kiheitai, sans doute du clan Choshu, dans les années 1860. Vêtus en partie d’habits européens, armés en partie à l’européenne, ces bushis n’ont rien de leurs homologues imaginaires du Dernier samouraï continuant de se battre comme au XVIe siècle.

Mais loin de favoriser les seuls samouraïs, le nouveau régime s’emploie rapidement à créer un État-Nation moderne et une armée capable de tenir tête aux puissances occidentales. Pour cela, la conscription est établie en 1873, bouleversant les rôles traditionnels et vidant le système des castes de son sens. Les paysans ont ainsi droit d’utiliser des armes, alors qu’en 1876, une loi interdit aux samouraïs de porter en public leur katana, véritable emblème de leur supériorité sociale. La même année, l’État impérial, qui s’est substitué aux daimyo – grands seigneurs féodaux – cesse de verser leur rente aux samouraïs pour leur donner en échange des obligations. Pour nombre de bushis qui avaient soutenu l’empereur, c’en est trop. La révolte éclate en 1877 sous la direction de Saigo Takamori et se transforme en guerre d’une rare intensité qui fera plusieurs dizaines de milliers de victimes.

Loin de l’image romantique développée par le film d’Edward Zwick, les troupes rebelles ne combattent pas seulement avec leur katana. Elles possèdent – tout comme leurs adversaires gouvernementaux – nombre d’armes à feu modernes et des trains d’artillerie. Cela ne les empêchera pas d’être défaites, notamment parce que Saigo Takamori – qui dirigeait les opérations vêtu d’un uniforme à l’occidentale – refusa d’armer des hommes de basse condition (2). Cela ne marqua pas pour autant la fin de la caste des samouraïs, qui, pour la plupart, s’insérèrent dans les plus hauts rouages de l’État impérial, notamment le propre frère de Saigo Takamori, Saigo Judo, qui devient amiral et proche conseiller de l’empereur. C’est en partie pour complaire aux samouraïs loyalistes que la figure de Takamori fut même rapidement réhabilitée.

Ce bref récit montre le gouffre séparant les faits historiques de 1877 et leur représentation dans Le Dernier samouraï. Rien d’étonnant à cela. Le film d’Edward Zwick n’a pas été réalisé dans le but d’évoquer une vague réalité historique mais de répondre à des attentes plus contemporaines.

UN YANKEE À LA COUR DES SAMOURAÏS

Comme nous l’avons déjà noté dans un précédent article consacré au dessin animé Merlin L’enchanteur (3), Le Yankee à la cour du roi Arthur (1889) de Mark Twain occupe une place fondamentale dans l’imaginaire américain. En décrivant l’arrivée d’un « yankee » à Camelot – et les ravages qu’il y cause – Twain opérait une critique des rapports entre l’Occident blanc et le reste du monde, vue comme un conglomérat de sociétés hâtivement considérées comme primitive ou relevant du Moyen âge. L’écrivain avait parfaitement compris que, dans l’esprit de ses contemporains, l’Orient et le Moyen Âge étaient deux notions cousines, renvoyant à une même altérité. L’Orient – au sens large, qui inclut autant le Maghreb que la Chine ou le Japon – occupait dans l’espace la même place que le Moyen Âge dans le temps, celle d’antithèse absolue l’Occident industrialisé et moderne, fondé sur l’idée de progrès (4). Ce n’est pas un hasard si nombre de romans d’aventures exotiques populaires écrits aux États-Unis reprennent la trame de l’histoire de Twain, en évacuant complètement son aspect critique, et mettent en scène des héros occidentaux venus apporter la civilisation à des sociétés jugées primitives ou médiévales, souvent orientalisées. Citons par exemple le Cycle de Mars d’Edgar Rice Burroughs commencé en 1917 ou Flash Gordon, bande dessinée d’Alex Raymond publiée pour la première fois en 1934 (5).

IMAGE 3 – Le Dernier samouraï (2003). Silhouettes fantomatiques débouchant de la brume, dont la forme des casques évoque des hybrides mi-hommes, mi-animaux, voire des démons, les samouraïs n'appartiennent pas à la modernité ni même à la réalité. Ils viennent d'un pays imaginaire, où le passé s'est figé, éloignant les bouleversements incessants du monde contemporain.
IMAGE 3Le Dernier samouraï (2003). Silhouettes fantomatiques débouchant de la brume, dont la forme des casques évoque des hybrides mi-hommes, mi-animaux, voire des démons, les samouraïs n’appartiennent pas à la modernité ni même à la réalité. Ils viennent d’un pays imaginaire où le passé s’est figé, éloigné des bouleversements incessants du monde contemporain.

La trame du Dernier samouraï suit le même schéma en l’inversant. Le héros Nathan Algren – incarné par Tom Cruise et très vaguement inspiré de Jules Brunet – mène une vie désabusée en Occident, associé au monde de la science, de l’industrie et du profit – au tout début, il exécute, dans une foire industrielle, une démonstration de tir pour le compte de la firme Winchester, fabricant d’une arme à répétition symbole, s’il en est, du progrès technologique (6). Engagé pour affronter la rébellion des samouraïs traditionalistes, il est confronté à eux pour la première fois dans une forêt, et les voit, à contre-jour, émergeant de la brume (IMAGE 3). Ces apparitions démoniaques – confère les cornes des casques des samouraïs – et fantomatiques, la crainte s’emparant les soldats gouvernementaux à leur approche, sont autant de signes affirmant qu’Algren, en pénétrant sur leur territoire, entre dans un autre monde. Blessé, capturé, il se réveille dans un cadre montagnard, agricole et bucolique, exact opposé de la ville moderne (IMAGE 4).

IMAGE 4 – Le Dernier samouraï (2003). L'utopie bucolique des samouraïs. Les paysans, ici à gauche, à pied, en train de s'incliner, ne sont qu'un élément de décor. Les bushis semblent être en fait les seuls habitants de leur monde médiéval.
IMAGE 4Le Dernier samouraï (2003). L’utopie bucolique des samouraïs. Les paysans, ici à gauche, à pied, en train de s’incliner, ne sont qu’un élément de décor. Les bushis semblent être en fait les seuls habitants actifs de leur monde médiéval.

REJOUER LA COLONISATION

Les chevaliers arthuriens du Yankee de Mark Twain évoquent immanquablement les Amérindiens. Le parallèle est encore plus assumé dans Le dernier samouraï. Algren a participé au massacre d’une tribu native, souvenir qui le hante tout au long du film. C’est parce qu’il refuse d’être à nouveau acteur de la répression d’une société non occidentale qu’il finit par prendre le parti des samouraïs (7). Ce choix différencie totalement le héros de Zwick du Yankee de Mark Twain. Celui-ci tue sans pitié les habitants du Moyen Âge qu’il visite, importe l’industrie à Camelot et transforme le royaume de Bretagne en société capitaliste. Rien de tout cela dans Le dernier samouraï. Algren abandonne peu à peu ses attributs occidentaux, s’habille comme un samouraï. Symbole important de son passage d’un état à un autre, il délaisse l’usage des armes à feu pour ne se battre qu’au katana. Face à lui et à ses alliés, les modernes, que se soient des Japonais proches du gouvernement comme le ministre Omura, ou l’ancien supérieur d’Algren (le colonel Bagley), sont montrés comme des êtres fourbes, poussés par l’appât du gain et sans honneur. Bagley est ainsi celui qui a ordonné le massacre des Amérindiens qui a tant marqué Algren. Craignant d’être défait par les samouraïs, Omura les faits massacrer par des mitrailleuses Gatling alors qu’ils chargent, katana à la main (IMAGE 5). L’opposition entre un Moyen Âge respectable, où l’honneur est mise en avant, et une modernité détestable une constante de la production cinématographique et littéraire depuis les années 70. Elle s’incarne parfaitement dans l’opposition entre l’arme blanche, si possible l’épée, qui nécessite un apprentissage et est associée avec une certaine éthique, et l’arme à feu à répétition, que n’importe qui peut manier sans engager le combat au corps à corps. Cet antinomie symbolique, nous l’avons déjà vu, se retrouve dans les westerns de la fin des années 60-70, mais aussi dans des dessins animés comme Wizards de Ralph Bakshi (voir HIM #52) dont l’intrigue tourne autour du combat entre la « magie » médiévalisante et le technologie moderne.
Le propos de Mark Twain était moins manichéen. Il se moquait à la fois des modernes et de leur prétention à civiliser, mais aussi des chevaliers médiévaux qu’il jugeait superstitieux. Mais Le dernier samouraï a été produit après un siècle de décolonisation et de remise en cause de la modernité occidentale et de ses dérives financières et écologiques. Face à un avenir perçu comme angoissant, le Moyen Âge imaginaire est devenu une valeur refuge et un lieu de consolation.

IMAGE 5 – Le Dernier samouraï (2003). La gatling, symbole de la modernité et de l'abjection de la guerre moderne, massacre des samouraïs chargeant avec honneur, katana à la main. D'un côté, la lâcheté mécanisée, de l'autre, le courage. Zwick rejoue, en l'inversant, la scène finale du livre de Twain ou c'est le Yankee qui fait massacrer à la mitrailleuse les chevaliers arthuriens. Ici, l'Occidental est du côté de l'antimodernité. On remarque que le plan en légère contre-plongée renforce l'idée d'un écrasement sans merci des cavaliers samouraïs par une machinerie sans merci.
IMAGE 5Le Dernier samouraï (2003). La gatling, symbole de la modernité et de l’abjection de la guerre moderne, fauche des samouraïs chargeant avec honneur, katana à la main. D’un côté, la lâcheté mécanisée, de l’autre, le courage. Zwick rejoue, en l’inversant, la scène finale du livre de Twain ou c’est le Yankee qui fait massacrer à la mitrailleuse les chevaliers arthuriens. Ici, l’Occidental est du côté de l’antimodernité. On remarque que le plan en légère contre-plongée renforce l’idée d’un écrasement des cavaliers samouraïs par une machinerie sans merci.

LA DERNIÈRE SÉANCE DES SAMOURAÏS

Le Dernier samouraï est aussi symptomatique de l’évolution du genre des films de samouraïs, dont la grande période, tout comme les westerns ou les péplums, se situe durant les décennies 50 et 60. S’en est suivie une déconstruction radicale du genre par des réalisateurs comme Masaki Kobayashi (voir HIM #58) mais aussi Hideo Gosha avec par exemple Hitokiri (1969). Alain Silver note que la plupart des films japonais de samouraïs des années 80 et 90 – à la notable exception de Kagemusha (1980) et de Ran (1985) d’Akura Kurosawa, réalisés avec des fonds étrangers – dépeignent des événements de la période dite du Bakumatsu (1853-1867) qui marque la fin du shogunat et, peu après, celle du monopole traditionnel des samouraïs sur la fonction militaire (8).

Cette insistance sur ces quelques décennies – que l’on retrouve aussi dans les mangas avec la série Kenshin le vagabond (1994-1999) (9) – renvoie aussi à la fin progressive du genre chanbara (film de sabre) et plus largement des jidaigeki (film d’époque) au Japon. Du début des années 80 jusqu’au années 2000, moins d’une cinquantaine de films de samouraïs ont été réalisés (10). Ainsi, même au cinéma, la figure du bushi s’efface et son évocation est perçue comme un lointain souvenir. Pour renforcer cette distance qui éloigne encore plus le mythe du spectateur, beaucoup de réalisateurs emploient la technique du flashback. C’est le cas dans deux films japonais récents, réalisées presque en même temps que Le dernier samouraï (2003) : Le Samouraï du crépuscule (Tasogare Seibei – 2003) de Yoji Yamada et When the Last Sword Is Drawn (Mibu Gishi Den – 2003) de Yojiro Takita. Dans le premier, la fille du héros raconte la vie de son père samouraï, alors que dans le second, c’est le héros vieilli, qui narre en 1899 ses exploits passés. La fin des samouraïs devient elle-même une réminiscence qui disparaît peu à peu.

IMAGE 6 – Le Dernier samouraï (2003). La fin du film marque le retour au pays onirique médiévaliste pour le dernier des samouraïs.
IMAGE 6Le Dernier samouraï (2003). La fin du film marque le retour au pays onirique médiévaliste pour le dernier des samouraïs.

À bien y réfléchir, la conclusion du Dernier samouraï ne dit pas autre chose. Unique survivant de la bataille qui a vu la victoire des forces gouvernementales, Algren est montré revenant – habillé à l’européenne, mais ayant, dans ses bagages, un katana – vers le village de Saigo Takamori. Il quitte l’espace de la réalité moderne et la ville pour se fondre dans l’utopie agraire et le rêve médiévalisant entouré d’une brume d’incertitude onirique (IMAGE 6). Car, comme le dit le narrateur – ce dernier est censé être un témoin des événements qu’il raconte après coup. On remarque, à nouveau, l’emploie de la technique du flash-back – « personne ne sait ce qu’il est advenu de lui » (11). Le dernier samouraï disparaît de la réalité moderne et devient une ombre, un fantôme, un rêve qui vient hanter la modernité…

William Blanc

Notes
1. Deux clans, qui, vaincus par les Tokugawa à la bataille de Sekigahara (1600), abritaient les samouraïs les moins favorisés par le pouvoir shogunal.

2. Voir à ce sujet P-F Souyri, Samouraï, 1000 ans d’histoire du Japon, PUR, 2014, p. 226-237 et M. Jansen, The Making of Modern Japan, Harvard university press, 2000, p. 369-370.
3. Voir aussi l’article consacré à Prince Valiant dans HIM #53.
4.. Voir J. Ganim, Medievalism and orientalism, Palgrave Macmillan, 2005. Notons aussi que la première grande vague de fascination pour le Moyen Âge au début du XIXe siècle correspond au développement de l’engouement pour l’Orient. Voir à ce sujet E. Saïd, L’orientalisme, L’orient créé par l’Occident, Points-Seuil, 2013 (1ere édition 1980).
5. La plupart des habitants de Mongo, où atterri Flash Gordon, vivent en effet autour de grands châteaux futuristes. Les rebelles, réunis autour du prince Barin, vivent quant à eux dans des arbres et s’habillent comme les compagnons de Robin des Bois.
6. En exécutant – à moitié ivre – sa démonstration de tir à la carabine, Algren lâche que les hommes sont morts pour des « amusements mécaniques et des opportunités commerciales » (« better mechanical amusements and commercial opportunities. » Traduction personnelle.). La société capitaliste est associée au cynisme commercial, opposé à l’honneur et à l’idéalisme d’Algren retrouvera en combattant du côté des samouraïs rebelles.
7. Alain Silver note avec juste titre que Le dernier samouraï peut aussi être considéré comme un remake transporté au Japon de Danse avec les Loups (1990) de Kevin Costner, mettant en scène un officier de cavalerie prenant fait et cause pour les Amérindiens. Voir A. Silver, The samuraI film, The overlook press, 2004, p. 234-238.
8. Et encore, le ton crépusculaire des deux films de Kurosawa insiste sur l’idée de fin d’une époque. À la fin de Kagemusha, les troupes du clan Takeda se font massacrer à la bataille de Nagashino (1575) en chargeant à cheval des rangés de mousquetaires. La scène du Dernier samouraï où l’on voit les révoltés de Satsuma être fauchés par les tirs de gatlings peut aussi s’envisager comme un hommage à la scène de Kurosawa.
9. Série vendue à plus de 70 millions d’exemplaires au Japon, adaptée rapidement pour la télé en anime (95 épisodes) puis en deux longs-métrages animés et trois films.
10. Voir A. Silver, op. cit., p. 224-258.
11. « No one knows what became of him« . Traduction personnelle.

À propos de Frédéric Wittner

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