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Nicolas de Leyde, Sculpteur du XVe siècle

Le sculpteur Nicolas Gerhaert de Leyde (vers 1430 – 1473) est considéré comme l’un des artistes les plus importants de la fin du XVe siècle au Nord des Alpes, auteur d’innovations décisives tant sur le plan formel qu’iconographique.

NICOLAS DE LEYDE

Strasbourg – Musée de l’Oeuvre Notre-Dame
30 mars 2012 – 8 juillet 2012

Nicolas de Leyde – Autoportrait (?), v.1420.

La modernité des œuvres de Nicolas de Leyde, marquée en particulier par sa capacité à saisir les physionomies, lui ont valu de son vivant une notoriété exceptionnelle. Son rayonnement s’est surtout exercé dans le monde germanique, où il a influencé le développement des très célèbres sculpteurs que furent Veit Stoss, Michel Erhart ou Tilman Riemenschneider.

Né vraisemblablement vers 1430 à Leyde en Flandres, il est documenté pour la première fois à Strasbourg en 1462 et meurt à Vienne en 1473 où il avait été appelé au service de l’Empereur Frédéric III. Mais le nombre réduit des œuvres conservées et le peu de sources écrites, qui rendent difficile la connaissance de ses origines, de sa carrière et de son œuvre, expliquent que cet artiste soit quasiment inconnu du grand public.

Le parcours européen de Nicolas de Leyde comprend un séjour marquant à Strasbourg entre 1462 et 1467. Il y réalisa plusieurs ensembles conséquents, en particulier l’épitaphe du chanoine de Busnang dans la chapelle Saint-Jean de la cathédrale (datée 1464 et signée) et surtout le portail de la Chancellerie de la ville, bâtiment aujourd’hui disparu mais dont quelques fragments sculptés subsistent.

L’EXPOSITION
Cette première exposition monographique sur Nicolas de Leyde est réalisée en collaboration avec le musée du Liebieghaus Skulpturensammlung de Francfort (exposition du 27 octobre 2011 au 4 mars 2012). Elle présente une partie de l’œuvre sur bois et sur pierre de cet artiste, dont le Musée de l’Œuvre Notre-Dame de Strasbourg conserve quatre bustes d’hommes en grès dont le très célèbre Homme accoudé mélancolique. Elle permet en particulier, de réunir les deux fragments encore existants du décor du portail de la Chancellerie de Strasbourg, la Tête d’homme barbu du Musée de l’Œuvre et son pendant la Tête de jeune femme conservée au Musée de Francfort.
Le parcours met en valeur le thème du buste accoudé, forme dans laquelle Nicolas de Leyde a particulièrement innové en introduisant une dimension psychologique rarement égalée par ses nombreux imitateurs. Il s’agit également d’évoquer l’influence décisive de l’œuvre de Nicolas de Leyde dans l’espace rhénan entre Bâle et Cologne, mais aussi dans l’Ouest et le Sud de l’Empire et jusqu’en Autriche, dans l’actuelle Slovaquie et les régions limitrophes.
L’exposition regroupe environ 70 œuvres de techniques et de supports variés provenant de collections publiques et privées européennes et américaines (Paris, Berlin, Amsterdam, New York et Chicago). Elle est présentée au sein même du Musée de l’Œuvre Notre-Dame, dont les espaces sont aménagés pour cette occasion. Un catalogue édité par les Musées de la Ville de Strasbourg est réalisé en collaboration avec le musée de Francfort.

 

 

LE MUSÉE DE L’ŒUVRE NOTRE-DAME.

Situé au pied de la cathédrale, le Musée de l’Œuvre Notre-Dame propose une promenade à la découverte de sept siècles d’art à Strasbourg et dans la région du Rhin supérieur. Ses riches collections médiévales et Renaissance témoignent du passé prestigieux de la ville, qui fut du XIIIe au XVIe siècle l’un des plus importants centre artistique de l’Empire germanique.
Les chefs d’œuvre de la statuaire provenant de la cathédrale – l’Église, la Synagogue ou le fameux Tentateur – y côtoient les plus beaux témoignages de l’art haut rhénan des XVe et XVIe siècles (sculptures de Nicolas Gerhaert de Leyde, peintures de Conrad Witz et Hans Baldung Grien, vitraux de Peter Hemmel d’Andlau). Ce parcours, synthèse de tous les arts, s’accomplit en harmonie avec le cadre architectural du musée : derrière les vénérables pignons de la maison de l’Œuvre Notre-Dame, affectée depuis le XIIIe siècle à l’administration du chantier de la cathédrale, les décors intérieurs, la fraîcheur des cours et le charmant jardinet gothique participent au sentiment d’intimité avec le passé strasbourgeois.

 

À propos de Frédéric Wittner

Historien, journaliste, j'ai été rédacteur en chef des magazines Histoire & Images Médiévales et sa version hors-série. Grand passionné de cinéma et de littérature ancienne, je dévore également les séries TV. Je suis aussi très intéressé par tout ce qui touche aux mondes de l'imaginaire (fantastique, fantasy, science-fiction, merveilleux...). Je suis l'auteur d'un ouvrage de réflexion sur la chevalerie : L'idéal chevaleresque face à la guerre (2008) et de plusieurs dossiers et numéros hors-série d'H&IM.

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