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Une saga islandaise médiévale, avec Régis Boyer et Jacques le Goff

A propos de La saga de Sverrir, roi de Norvège, de Karl Johnson, Les Belles Lettres (2010).

Intervenants :
Jacques Le Goff ; historien, membre de l’EHESS.
Törfi H. Tulinius : traducteur et spécialiste, professeur à l’université d’Islande.
Régis Boyer : professeur émérite de langues, littératures et civilisation scandinaves à l’Université Paris-Sorbonne et ancien directeur de l’Institut d’études scandinaves de la Sorbonne.

Première diffusion : 7 mars 2011, sur les ondes de France Culture.

Présentation : « La Saga de Sverrir appartient au genre de la saga royale, c’est-à-dire au grand groupe de biographies de souverains norvégiens ou danois dont les Islandais firent une spécialité au Moyen Âge. La Saga de Sverrir en est une des plus remarquables. Elle est longue et riche, et l’auteur est très proche des événements décrits, ce qui lui permet d’en faire un récit exceptionnellement détaillé. Il a eu accès à de nombreux témoins directs des faits, le plus important étant le protagoniste principal de la saga, le roi Sverrir lui-même, mort en 1202, qui en aurait dicté la première partie.
Ce personnage est des plus intéressants. Originaire des îles Féroé, fils d’artisan, il devient prêtre. Sa mère lui révèle, alors qu’il est déjà adulte, qu’il est en réalité le fils naturel d’un défunt roi de Norvège. À la faveur d’une crise dynastique dans le pays, Sverrir trouve des soutiens pour le réclamer sur le trône, mais il doit combattre l’armée de son cousin le roi Magnús, petit-fils de roi par sa mère et qui jouit de la bénédiction de l’Église.
L’auteur supposé de la saga, Karl Jónsson, était abbé d’un monastère dans le nord de l’Islande. Son récit est vif et enlevé et le portrait du roi Sverrir saisissant de vérité. Ses discours sont une mine de renseignements sur les attitudes, les valeurs et la vision du monde de l’aristocratie nordique dans la seconde moitié du XIIe siècle. Sverrir a la sympathie de l’auteur, qui n’en demeure pas moins conscient de l’ambiguïté du personnage. L’histoire de ce roi qui fut peut-être un imposteur en est d’autant plus passionnante. »

À propos de William Blanc

Historien et passionné du Moyen Âge et de ses représentations dans les arts populaires (BD, cinéma, jeux, séries télévisées, arts graphiques), je participe depuis 2012 à l'aventure de "Histoire et Images médiévales". Je suis aussi le coauteur ou auteur de trois livres : "Le Roi Arthur. Un mythe contemporain" (Libertalia, 2016), "Charles Martel et la bataille de Poitiers, de l'Histoire au mythe identitaire" (Libertalia, 2015, avec Christophe Naudin) et "Les historiens de garde" (Inculte, 2013, avec Aurore Chéry et Christophe Naudin). Outre plusieurs articles dans des revues scientifiques, je participe également au site d'analyse de bandes dessinées 2dgalleries.com

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